Ai-je le droit d’être grosse ?

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Ai-je le droit d’être grosse ?

Pourquoi cette question bizarre : Ai-je le droit d’être grosse ? Eh bien parce que je lis et entends des choses du genre « Tant que tu es en bonne santé », « Jusqu’à la taille 46 ok, au-delà c’est chaud », Ronde et en format 8, c’est super beau ». Et puis j’entends des phrases encore plus controversées comme « J’aime être grosse », « depuis que j’ai maigris, je me rends compte que je n’aimais pas être grosse », « En fait, je fais semblant de m’accepter mais en réalité, je rêve de maigrir »…

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Alors moi j’ai deux questions :

· Ai-je le droit d’être grosse ?

· Est-ce une option que l’on choisit ?

Du point de vue de la loi, visiblement j’ai le droit d’être un surpoids, d’être grosse et même obèse.

Jusque là, nous sommes d’accord ? Pourtant d’un point de vue sociétal, c’est bien difficile d’être respecté pour sa condition de “gros”…

Jusqu’à preuve du contraire, on a pas (encore) décidé d’infliger une peine carcérale ou sous forme d’amende aux plus gros ? J’ai sur le plan purement juridique le droit d’être en surpoids et je n’enfreins aucune loi avec mes kilos en trop ! A bon entendeur, salut 😉

Je sais que ces propos vont déplaire à beaucoup, mais peu m’importe, je souhaite rester pragmatique et remettre les choses à leur place et selon moi.

Etre « gros » n’est en aucun cas répréhensible et il est grand temps de remettre les définitions au clair car cette société qui stigmatise les minorités jusqu’à leur donner le sentiment profond qu’elles font quelque chose de mal, ne nous permettra jamais de faire avancer le débat. La « lutte » contre le surpoids ne passe certainement pas par la maltraitance !

Une faute, une faute grave, est quelque chose qui cause intentionnellement du mal à autrui, or les moins minces ou les plus enrobés, sont très souvent les premières et uniques victimes des désagréments inhérents au surpoids. Les personnes en surpoids ne sont pas des coupables en puissance. S’il y a du mal de fait, c’est bien nous qui en payons la note non ?

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Et en termes de choix, avons-nous le choix d’être gros ? 

Moi à cette question je réponds non ! Là aussi je ne vais pas me faire que des copains. Plusieurs diront qu’il existe les régimes, les opérations barriatriques, le rééquilibrage alimentaire etc.

Ces choix sont possibles et parfois très recommandés mais ne constituent en rien des solutions radicales et efficaces sur le très long terme.

Pensez- vous sérieusement que les personnes en surpoids sont des personnes faibles, sans volonté, qui se complaisent dans leur « malheur «  et sont plus enclines que les autres à se laisser aller ?

Désolée de vous contrarier, mais en aucun cas le surpoids n’est synonyme de laisser aller. D’ailleurs, tous les efforts cumulés tout au cours d’une vie de gros sont bien plus importants que ceux que les personnes génétiquement programmées pour être minces ne feront jamais . Je ne fais ni guerre entre « catégories corporelles », ni apologie du surpoids  mais il est important de dire et de redire que les personnes en surpoids subissent dans leur grande majorité, cet état de fait et il ne s’agit aucunement d’un choix originel de leur part.

Me concernant, j’ai pour habitude de dire que si à la naissance l’on m’avait offert l’option mince ou l’option grosse, j’aurai indubitablement choisi l’option mince. C’est contradictoire avec les valeurs que je revendique dans le cadre de ma lutte pour le bien être en surpoids ? NON !!

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Ce n’est pas parce que l’on est « grosse » et que l’on a subi cette condition que l’on ne peut accéder au bien être et être heureuse malgré, grâce ou avec le surpoids.

Pour autant, cela ne signifie pas que je fais « semblant » d’accepter mes kilos en trop.

Tous les signaux incitent, voire voudraient obliger les « gros » à maigrir. Les « gros » eux même aspirent à maigrir mais si ce n’était juste pas possible pour la majorité d’entre eux ? Si c’était une lutte sans fin ? Vous pensez qu’un régime à vie est une option envisageable et compatible avec le bien être et l’épanouissement ?

Vous pensez qu’une sleeve garantit le graal de la minceur à vie ? Et si je ne veux ni m’affamer, ni passer par la chirurgie, alors je suis inconsciente ? Sans respect de moi-même ? Sans hygiène alimentaire ? Dénuée de courage et de volonté ?

Même entre personne en surpoids, il y a une forme de clivage, une espèce de guéguerre entre les pros et les anti- opérations…

Et si déjà on partait juste de l’idée de respecter les choix et les conditions de chacune. Nous ne somme pas un « amas de femmes grosses » avec les mêmes problématiques et les mêmes réponses. Nous sommes des femmes, toutes uniques avec des problématiques de poids diverses et variées qui nécessitent le respect et la bienveillance.

J’adore cette phrase, « la liberté des uns s’arrête ou commence celle des autres. »

Un personne avec des kilos dits en trop n’enlève rien à votre liberté de jouir de votre vie alors c’est sa liberté que d’avoir des kilos. C’est sa liberté d’être hors norme et que cela soit bon ou non pour sa santé. Cela n’à rien avoir avec un choix, un choix de départ. C’est bien plus un fait établi avec lequel il faut conjuguer sa vie.

S’il existait une solution, une vraie solution pour éradiquer le surpoids, 95% des « gros » prendraient cette option mais ce n’est pas en ces termes que la question se pose.

Pensez vous qu’être gros est un effet de mode ? Une transgression volontaire ? Une forme de rébellion consciente crée de toute pièce ?

Non la rébellion naît de la stigmatisation et du non respect de la condition des « gros ».

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Alors en conclusion simple et claire,

OU les gros ont le droit d’être gros et ils ont même le droit de se plaindre des conséquences subies et inhérentes au surpoids sans être décriés et culpabilisés.

Non je n’ai pas choisi d’être grosse et nous sommes des milliers dans ce cas.

Par contre, j’ai le droit d’être grosse et LA PLUS HEUREUSE POSSIBLE avec cet état de fait. Je suis grosse, c’est mon format physique actuel  et j’ai le droit de faire le choix de ne pas vouloir maigrir par le biais des régimes et autres contraintes corporelles. Pour autant, cela ne signifie pas que je refuse de maigrir et que je refuse d’être en bonne santé. Je refuse juste les options que me sont communément proposées car elles ne me semblent ni viables ni adaptées ; Je refuse juste les options de perte de poids généralistes et que je considère comme des solutions amputées de résultats sur le long terme.

Il ne s’agit ni d’un caprice, ni d’une mouvance vintage et encore moins d’un effet de style, il s’agit de mon libre arbitre. Je suis une femme libre et j’ai le droit de refuser d’être jugée pour mes conditions, mes convictions et mes choix. Ça vous rappelle un truc  peut être ?

Ah oui je sais les droits de l’homme ? Non ? Sourire

Christelle

Ronde Atomique

recherches utilisées pour trouver cet articleles femmes revendiquent le droit d etre ronde

2 Commentaires

  1. laetitia karolczak dit :

    Bonjour Christelle

    Je suis votre blog depuis quelques temps et à chaque article c’est un réel plaisir de vous lire. Vos sujets sont empreints d’une réflexion profonde. En lisant celui-ci, je me suis remémorer un post lu sur un site pour femmes rondes où je pouvais lire à ma grande surprise « enfin! je suis une deux chiffres je pèse 98kg! ». Perso, je ne savais pas qu’il y avait le clan des 2 et 3 chiffres.
    A bientôt.

    Laëtitia.

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